RDC : Le ministère des Relations avec le Parlement change d'envergure
Placé sous l’autorité du ministre d’État Guy Loando Mboyo, ce ministère connaît une transformation structurelle majeure. L’ordonnance du 15 décembre 2025 accorde une extension significative de ses prérogatives, redéfinissant son rôle au sein de l’architecture gouvernementale congolaise.
Sous le cadre réglementaire de 2022, le ministère exerçait principalement une mission de facilitation et de représentation. Son rôle consistait à assurer la fluidité des échanges entre l'exécutif et le législatif, notamment par la coordination du programme législatif et le suivi des interpellations.
L’ordonnance de 2025 lui confère une fonction d'évaluation. Désormais, le ministère ne se limite plus à la transmission des textes ; il est chargé du « suivi et évaluation de la mise en œuvre du programme d’actions du Gouvernement » ainsi que du « suivi et évaluation de l’exécution des lois ». Cette évolution donne à l'administration de Guy Loando un droit de regard sur l'efficacité globale de l'action ministérielle et sur l'impact réel des réformes votées.
Des compétences techniques à une mission de médiation politique
L'un des changements les plus notables concerne l'influence du ministère sur les équilibres régionaux. En 2022, ses attributions provinciales se limitaient à la vérification de la conformité juridique des édits.
Le nouveau cadre de 2025 élargit ce périmètre à la « gestion et résolution des crises entre les institutions provinciales ». En collaboration avec le ministère de l’Intérieur, il doit désormais « assurer et garantir la stabilité institutionnelle provinciale et locale ». Ce passage d'une compétence technique à une mission de médiation politique positionne le ministère comme un acteur clé de la cohésion territoriale.
Internationalisation et accessibilité du droit
Le champ d'action s'étend également au-delà des frontières nationales et vers la population. Il y a d’un coté la Diplomatie Parlementaire, car le ministère intègre désormais le suivi de la diplomatie parlementaire aux niveaux international, régional et sous-régional. Et de l’autre, la Vulgarisation des lois. En effet, la nouvelle ordonnance confie au ministère des Relations avec le Parlement la tâche de « traduction et diffusion des lois en quatre langues nationales ». Le but : réduire le fossé entre la production législative et la compréhension citoyenne.
Ce n’est pas tout. Le ministère a aussi le rôle de Prospection et Études. Alors qu'en 2022 la réflexion portait sur les partis politiques et l'opposition, l'ordonnance de 2025 recentre le ministère sur l’initiation de toute étude prospective dans le domaine spécifique du droit parlementaire.
Il va sans dire que les nouvelles dispositions de 2025 transforment le ministère des Relations avec le Parlement en un organe de pilotage transversal. Le Président Tshisekedi et la Première ministre Suminwa ont fait passer l’institution d’un rôle de liaison à celui de garant de la performance législative et de la stabilité des institutions en République Démocratique du Congo.
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